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Ligue de Défense des Personnes Trans - Europe

Site destiné à information et action pour la protection des personnes dites "trans". Site destined for information and action in the protection of transgender people

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Le paradoxe trans : mieux vaut devenir étrangère que rester française sur le sol français

"La libération rapide des liens d’allégeance à la France me paraît donc désormais comme un élément clé de la solution pour pouvoir exercer pleinement mes droits parentaux, pour pouvoir subvenir au mieux aux besoins de mes enfants, ainsi que pour enrayer une spirale de marginalisation progressive."

Cette demande a été accordée peu de temps après son envoi.

Madame Christine DUPONT

XXX

XXX

Ministère de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités Territoriales et de l’Immigration

XXX

Nantes

XXX, 20XX

Demande de libération des liens d’allégeance à la France avec octroi corollaire et concomitant de plein droit d’un Titre de Séjour « Vie Privée et Familiale »

Monsieur,

Je vous écris suite aux échanges que j’ai eus avec le Ministère de la Justice, Bureau de la Nationalité C4 (cf. pièce jointe 6) ainsi qu’avec la Préfecture de XXX (cf. PJ 56) et la Préfecture de XXX (cf. PJ 48) pour ma libération de la nationalité française (articles 53 et 54 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993) avec octroi corollaire et concomitant de plein droit d’un titre de séjour « vie privée et familiale » (Article L313-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile) afin de continuer à m’occuper financièrement et affectivement de mes enfants mineurs nés ici, dans un contexte de divorce.

Il fait suite également notamment au refus récent du Parquet civil de Nantes d’inscrire mon changement d’état civil sur mon Acte de Naissance français (cf. PJ 57) car je ne suis pas encore divorcée : je suis apparemment sérieusement supposée, dans un contexte où la résidence de mes enfants est vivement contestée dans le cadre de mon divorce, devoir faire un choix entre deux droits aussi fondamentaux que celui de mon intimité (article 9 du code civil) et celui de la poursuite de mes droits parentaux en justice, et ceci uniquement en raison de l’état civil qui découle de ma nationalité française. En rendant mon état civil intangible, ce refus constitue également une violation caractérisée du commandement par la Cour de Cassation (cf. PJ 25) de me porter secours et de la maintenance de l’ordre public à mon égard. C’est – et je mesure bien mes mots - extrêmement choquant et discriminatoire et suffirait en soi pour motiver ma demande de libération.

I. Motivation de la demande de libération des liens d’allégeance à la France

Contexte

Je suis une (nationalité étrangère) (cf. PJ 1 et 3) ayant acquis la nationalité française par déclaration en 19XX (PJ 4, en enveloppe scellée) suivant un mariage en 19XX (au pays étranger) à un ressortissant français. Je suis donc de double nationalité française et XXX. Avant d’acquérir la nationalité française, j’avais une Carte de Résidant.

Je vis en France depuis 19XX, ayant suivi mon conjoint ici, et mes enfants, dont je m’occupe depuis leur naissance, sont nés en France à XXX. Un divorce est en cours mais non terminé et selon les termes de l’ONC (cf. PJ 7, sous une ancienne identité que je n’utilise plus et qui est au centre de ma demande de libération), j’ai la garde des enfants un weekend sur deux et la moitié des vacances scolaires. La procédure pour une résidence alternée est en cours (Cour d’Appel de XXX).

Début 20XX j’ai eu un changement important d’identité (prénoms et genre), lié à une problématique transsexuelle, qui s’est terminé avec mon opération définitive de changement de sexe en début de l’année suivante (cf. PJ 10). Le changement d’état civil est, depuis avril 20XX (3 mois après l’opération), finalisé pour mes papiers de (nationalité d’origine) (cf. PJ 1, 2, 3). Mon acte de naissance et tous mes papiers d’identité de (ma nationalité d’origine) sont depuis lors concordants avec la seule identité que je puisse raisonnablement utiliser compte tenu de mon changement.

Quant à mes papiers français, je n’arrive pas à les faire changer, même si j’ai bénéficié d’un Acte de Notoriété (cf. PJ 53) qui me donne - en théorie - le droit d’utiliser les prénoms et civilités appropriés, mais qui en réalité est vide de tout sens en ce qui concerne mon droit de protéger mon intimité (cf. PJ 14 à 17 et 21).

Ces papiers (passeport et CNI) m'avaient obligée - avant que je n’aie eu mon passeport (de ma nationalité étrangère) à la bonne identité - à révéler, à des personnes qui n'avaient aucun besoin de le savoir, des choses qui relèvent d'une intimité extrême. A la fin, je ne les utilisais plus. C'est pour cette raison, une fois mes papiers (étrangers) à la bonne identité, j'ai rendu les autres au Centre Administratif de XXX en 20XX : ce n'est pas seulement que je ne voulais plus les utiliser (j'avais effectivement essayé avec de résultats pour le moins difficiles à supporter), je ne pouvais plus, quoi qui arrive.

Synthèse de la motivation de ma demande

Pour synthétiser ce qui suit, j’ai demandé à de multiples reprises à l’état français de me protéger pendant une période assez éprouvante où

  • j’ai perdu mon travail et ai dû m’inscrire au chômage,
  • j’ai dû chercher un nouveau travail et j’ai essayé de m’établir professionnellement en auto entreprise / société afin de subvenir aux besoins financiers de mes enfants,
  • j’ai été obligée par le TGI de XXX de déménager en pleine transition,
  • j’ai dû me battre (et je me bats toujours) pour mes droits parentaux face à un conjoint extrêmement hostile à ceux-ci,
  • j’ai dû essayer dans la mesure du possible de me conformer aux injonctions, financièrement lourdes, du TGI de XXX me concernant,
  • j’ai essayé par tous les moyens de protéger mon intimité et mon secret médical,
  • j’ai essayé plus généralement de reconstruire ma vie sur de bases saines.

Au lieu de me répondre positivement, celui-ci a fait preuve d’un manquement total, répété et systématique de la « nécessité de porter secours » et de la maintenance de l’ordre public à mon égard, selon les termes de la Cour de Cassation (cf. PJ 25) - allant jusqu’à participer activement à la violation ou à l’entrave de certains de mes droits fondamentaux - me maintenant ainsi contre ma volonté dans une situation marginalisante, fragilisante, insupportable, impossible.

Le refus de protection par l’état français ; la participation active des représentants de l’état français à la violation ou à l’entrave de certains de mes droits fondamentaux (à l’intimité, au secret médical, à mes droits parentaux, à la poursuite de mes intérêts en justice), rendue possible uniquement en raison de ma nationalité française ; mon inaptitude avérée et manifeste à supporter ce qu’on demande des ressortissants français : ce sont les trois motivations principales de ma demande.

Motivation 1 : le refus de protection répété et systématique par l’état français

Depuis début 20XX, quand j’ai commencé mon parcours officiel de transition, et a fortiori depuis mon opération définitive en janvier 20XX, tout ce que j’ai demandé de l’état français, compte tenu de l’omniprésence de l’état civil ici (directement ou indirectement, via le NIR), est de me protéger :

  • protéger mes droits parentaux (cf. ci-dessous),
  • protéger mon intimité (cf. PJ 8 et 9) ; c’est peut-être difficilement compréhensible pour les autres, mais compte tenu de mon histoire personnelle, dont certains aspects vont bien au-delà de la question du genre, l’ancienne identité ne m’est plus supportable depuis longtemps, et à plus fort raison depuis mon changement définitif en janvier 20XX,
  • protéger mon secret médical (cf. PJ 10, 11, 12, 13),
  • me protéger contre une marginalisation professionnelle croissante liée à l’incapacité de prouver mon droit de travailler en France sans violation de mon intimité ; protéger mes droits d’exercer une activité économique (cf. PJ 32) afin de pouvoir remplir mes obligations financières familiales,
  • protéger mes droits civiques et sociaux (droit de vote, retraite, ASSEDIC, ,… cf. PJ 28 - 31),
  • me protéger contre des fouilles physiques contre ma volonté par les hommes à l’aéroport ou en gare aux contrôles de sécurité (cf. code de l’aviation civile, article L282-8, concernant les fouilles physiques… ; cf. PJ 8 pour les effets quelque peu désastreux sur moi de celles-ci).

Or, cette protection a été systématiquement refusée, ou a fait l’objet d’une opposition extrêmement forte par les autorités françaises. Parmi celles-ci, je peux citer :

  • En refus de protection :
    • Le Conseil d’Etat (pourvois YYYY et YYYY) (cf. PJ 14 et 15)
    • Le Tribunal Administratif de XXX (arrêts YYYY et YYYYY) (cf. PJ 16 et 17)
    • Le TGI de XXX (cf. PJ 18 et 56)
    • Le Procureur du Parquet Civil de Nantes (cf. PJ 19 et 57)
    • Le Service Central de l’Etat Civil (cf. PJ 21 et 47)
    • Le Procureur du Parquet de XXX (cf. PJ 49)
    • Le Ministère de la Justice (cf. PJ 6 et 23)
  • En opposition à ma protection:
    • La Préfecture XXX (cf. PJ 22)
    • Le Procureur du Parquet de XXX (cf. PJ 20)

Il en résulte que je suis dans une situation inextricable et impossible : beaucoup de ces autorités prétendent que leur refus ou leur opposition à ma protection est imputable au fait que je n’ai pas encore pu changer mon état civil français (cf. PJ 15, 17, 21, 23, 47). Or, quand j’essaie de le changer, les autres s’y opposent, pour des raisons qui finalement s’avèrent éminemment contestables, voire complètement fausses (cf. PJ 19, 57, 20).

Les exemples les plus étonnants viennent du Procureur du Parquet Civil de Nantes, lors de ma première et de ma deuxième demande de transcription de mon jugement (étranger) à l’état civil français, toutes deux refusées.

Si l’on compare les arguments de refus, l’on voit :

  • La première fois, il fallait refuser la transcription de mon jugement (étranger), car
    • la France n’a pas adopté une des conventions du CIEC,
    • c’est « contraire à l’ordre public » d’accepter un changement de ce genre sans expertise et
    • le tribunal (étranger) n’était pas compétent en France.

Ce refus, en dépit de l’urgence que j’avais signalée lors de ma demande, a pris 5 mois et demi.

  • La deuxième fois, en utilisant les mêmes éléments que ceux exposés la première fois, il fallait refuser la transcription de mon jugement (étranger), car, bien que le Procureur (le même que lors du premier refus) reconnaît la réalité de ma transformation physique et n’appelle plus à une expertise, ne cite plus le CIEC et ne parle plus de la compétence territoriale, il refuse quand même car
    • c’est encore « contraire à l’ordre public »…mais cette fois-ci parce que je n’ai pas finalisé mon divorce, et non pas parce que je n’ai pas fait d’expertise.

Ce refus a encore pris plusieurs mois, en dépit de l’urgence de ma situation.

Le raisonnement de la première fois du Procureur de Nantes a déjà été intégralement démenti par le Ministère de la Justice (cf. PJ 23 et 24), entre autres concernant la nécessité d’une expertise pour maintenir « l’ordre public ». Le raisonnement la deuxième fois a été contredit par le CA de Caen (ce que je maintiens, en dépit des propos du Procureur) et la Cour de Cassation en ce qui concerne « l’ordre public » (cf. PJ 25 et 26) – étant une remise en cause significative et non justifiée de la tangibilité de l’état civil, principe de l’ordre public et de la nécessité de porter secours selon cette dernière.

Même si ça n’engage que moi, la logique de l’arrêt de la Cour de Cassation (PJ 25) aurait dû conduire le Procureur à se pencher sur la légitimité du mariage, au lieu de dire en substance que mon état civil doit rester intangible. En plus, l’arrêt de la Cour de Cassation dont parle le Procureur pour invoquer « l’ordre public » annule le mariage, et ne remet pas en cause l’état civil des personnes concernées, et s’agit en plus d’une entrée en mariage et non pas d’un mariage qui était déjà entériné par les autorités françaises. J’ai néanmoins dépassé le stade où je vais argumenter à nouveau – perdant ainsi mon temps, mon énergie et mon argent - avec des gens qui cherchent à l’évidence tous les prétextes possibles et imaginables pour ne pas me protéger.

Ce refus de protection par l’état français, répété et systématique – un manquement total à la « nécessité de porter secours » ainsi qu’à la maintenance de l’ordre public à mon égard (cf. arrêt de la Cour de Cassation du 11 décembre 1992, pourvoi 91-12373, PJ 25) - constitue donc la première motivation de ma demande de libération des liens d’allégeance à la France.

Motivation 2 : La participation active des personnes détentrices de l’autorité publique à la violation ou à l’entrave de certains de mes droits fondamentaux, conséquence directe de l’état civil qui découle de ma nationalité française

Plus étonnant encore pour moi : certaines de ces autorités, qui étaient toutes au courant de ma situation, ont pris l’initiative de violer ou entraver activement mon intimité, mon secret médical, la poursuite de mes droits parentaux et la poursuite plus générale de mes droits en justice, et ce rendu possible uniquement par l’état civil qui résulte de ma nationalité française, l’américain étant déjà modifié. Parmi celles-ci, je peux citer :

  • Le Conseil d’Etat (les deux pourvois) : PJ 14, 15 et 50
  • Le Tribunal Administratif de XXX (premier arrêt) : PJ 16
  • Le TGI de XXX (divorce et exéquatur) : PJ 18 et 55
  • La préfecture XXX (dans le cadre de mon action au TA de XXX) : PJ 22
  • Le Procureur du Parquet de XXX (exéquatur) : PJ 20

Quelle qu’en soit la justification, qui leur appartient, le fait est qu’ils l’ont fait en connaissance de cause. Le deuxième arrêt du Tribunal Administratif de XXX (PJ 17) démontre qu’il est possible de respecter ces droits par les tribunaux français, même quand le résultat en termes de protection plus générale n’est pas positif.

Le cas du TGI de XXX est certainement le plus grave, car dans les cas du divorce et de l’exéquatur, non seulement ils insistent à afficher publiquement des informations qui relèvent de mon intimité et de mon secret médical le jour des audiences, en dépit de mes demandes de cesser cette activité, mais c’est leur attitude dans le cadre de mon divorce qui met en danger l’exercice et la poursuite effectives de mes droits parentaux :

  • je ne peux plus assister aux audiences en l’état actuel des choses, compte tenu des convocations et de l’affichage public le jour des audiences,
  • ils insistent à émettre des ordonnances utilisant une identité que je ne sais plus montrer. Je ne pourrais jamais produire l’ONC, par exemple, en dehors de cas exceptionnels comme celui-ci, donc je reste au bon vouloir des tiers pour l’exercice de mes droits parentaux.
  • lors des audiences de divorce, le JAF parle de moi et à moi d’une façon assez inadaptée, compte tenu de mon changement. Qu’on le veuille ou non, ces propos en séance me heurtent, m’empêchant de poursuivre avec la sérénité nécessaire mes droits parentaux. J’ai en conséquence énormément de mal à lui faire face, préférant l’éviter afin de ne plus me sentir désarmée et mal à l’aise en sa présence. Cette situation, encore une fois, est rendue possible uniquement par ma nationalité française.

Quant au Procureur de XXX et à la Préfecture XXX, j’étais extrêmement surprise non seulement par leur persistance à vouloir maintenir cette violation de mon intimité et de mon secret médical (notamment en montrant l’exemple eux-mêmes), mais également par le ton plus généralement irrespectueux et leurs propos - que j’estime, encore, assez inappropriés compte tenu de mon changement -, à mon égard.

Je ne m’attendais pas du tout à de telles réactions par des hauts fonctionnaires et magistrats, surtout dans le cadre de leurs fonctions officielles. C’est malheureusement assez typique des réactions des personnes qui étaient confrontées à la révélation de ma situation personnelle en raison de mes papiers français, quand j’en avais toujours.

Ces violations répétées et difficilement supportables par les représentants de l’état français de ces droits fondamentaux – rendues possibles uniquement en raison de ma nationalité française et l’état civil qui en découle - constituent la deuxième motivation pour ma demande de libération.

Motivation 3 : Mon inaptitude avérée à supporter ce qu’on demande des ressortissants français

Les résultats de ces refus de me protéger ont été aussi prévisibles que leurs conséquences difficiles pour moi, même si j’ai réussi à m’en sortir en partie grâce à ma nationalité (étrangère).

Premièrement, et certainement le plus préoccupant, le raisonnement de certaines personnes – notamment les Procureurs de Nantes et de XXX – implique un choix entre la poursuite de mes droits parentaux en justice et mon intimité personnelle. L’opposition du Procureur de Nantes, dans son deuxième refus de transcription et du Procureur de XXX par rapport à mon exéquatur tiennent en grande partie au fait que je ne suis pas encore divorcée, même si leur raisonnement est contestable, même si leur vision de « l’ordre public » est tronquée, voire - à la lecture de l’arrêt de la Cour de Cassation (PJ 25) - erronée, et même si la procédure de divorce est bien enclenchée. Or, je suis face à un conjoint extrêmement hostile à mon changement et qui par conséquent fait tout son possible pour empêcher une résidence alternée : toutes les tentatives de négociation sur ce point ont échoué. Même si la décision finale appartient au JAF, j’estime que la situation actuelle de résidence n’est pas dans les intérêts des enfants, et mon divorce ne sera pas finalisé tant que la question de résidence des enfants ne soit pas réglée. Comme j’avais dit en introduction, je ne devrais pas à avoir à choisir entre ces deux droits fondamentaux : c’est discriminatoire et extrêmement choquant. En me mettant devant ce choix – car il était bien au courant du divorce qui est en cours - le Procureur de Nantes, par exemple, a en conséquence compromis la neutralité de la justice française dans cette procédure : c’est inacceptable et très grave, constituant en soi une motivation majeure de ma demande.

Deuxièmement, j’ai vécu un certain nombre d’autres conséquences directes et difficiles de cette situation, imputables uniquement à l’état civil qui découle de ma nationalité française (liste non exhaustive) :

  • Une entrave plus globalement à mes droits parentaux et à la poursuite de mes intérêts en justice (cf. PJ 18 et 27) non seulement pour les raisons que j’ai déjà citées, mais également par le fait que je ne peux pas prouver – sauf en utilisant des documents (étrangers) (cf. PJ 44 à 46) – la filiation de mes enfants sans sortir un jugement qui révèle des choses d’une intimité extrême (cf. PJ 47 et 49).
  • Une marginalisation professionnelle et discrimination. Je peux citer à ce titre :
    • Société X, par exemple, où après que j’ai dû révéler la situation pour mes papiers français, leur Directeur Général, YYY, m’a dit clairement en entretien que ce serait un problème pour les personnes qui constituent une bonne partie de sa clientèle. Cf. PJ 52, où j’essaie de répondre à ses propos. Je n’ai jamais eu de réponse de sa part, ni de communication quelconque suite à cet entretien.
    • Mais Société X n’est qu’un exemple : Société Y, Cabinet de Recrutement X (où la personne a rit nerveusement quand j’avais dû lui révéler la situation), Société Z (où la personne avait réagit en riant, également) sont autant d’autres exemples inacceptables d’une situation où les personnes en question n’avaient strictement aucun besoin de connaître cette information que j’étais obligée de révéler en raison de la situation de mon état civil français.
  • Une atteinte à mes droits à la retraite (cf. PJ 28 à 30). Je me suis rendue compte que, bien que j’étais inscrite à la Sécurité Sociale avec un numéro provisoire en « 8 », grâce à mon Acte de Notoriété, et que ce numéro était bien utilisé comme base pour les déclarations sociales par mon employeur à l’époque, dans le cadre d’un CDD, cette information n’était pas prise en compte dans le cadre de ma retraite, mettant ainsi à risque mes droits pour cette période.
  • Une atteinte à mes autres droits sociaux
    • cf. PJ 31, où j’ai été obligée de me présenter comme une étrangère pour pouvoir être en droit de bénéficier des allocations chômage après mon licenciement, suite à mon changement : la personne qui fait les inscriptions à Pôle Emploi n’a aucun besoin à ma connaissance de connaître des choses aussi intimes et autrement je n’aurais pas pu m’inscrire au Pôle Emploi ;
    • cf. PJ 32, où je n’ai finalement pas pu bénéficier de l’ACCRE, même si j’y avais droit.
  • Une discrimination dans la recherche de logement après que j’ai été obligée de quitter mon appartement suite à l’ONC pendant mon divorce, en pleine transition.
  • Une discrimination dans la vie quotidienne (cf. PJ 51). Je ne sais plus révéler, à des personnes qui n’ont – d’après ce que je sache - aucun besoin de le savoir (en l’occurrence un vendeur de téléphones mobiles), des choses qui relèvent d'une telle intimité.
  • Une entrave à mon droit d’exercer une activité économique (cf. PJ 32) afin de pouvoir être en mesure de répondre aux besoins financiers de mes enfants. Dans le cas de mes clients (je suis consultante en organisation et management), non seulement ils n’ont aucun besoin de connaître cette information, mais elle pourrait même me porter un préjudice important : il ne faut pas être naïf par rapport aux préjugés et sur les réactions des gens lors des « outing » de ce genre. Le Kbis, avec l’identité des mandataires sociaux, et les statuts sont après tout des documents publics, accessibles à tous.
  • Une apparente non applicabilité à mon sujet dans l’état actuel des choses de l’Article 9 du code civil, du secret médical, de la Convention Européenne des droits de l’homme, de la loi Informatique et Libertés et d’autres mesures et principes destinés à protéger les personnes (cf. PJ 14, 15, 16, 17, 21, 22, 23, 32, 49). Cette situation, étonnante, est uniquement imputable à ma nationalité française et à l’état civil qui en découle.

Troisièmement, je suis déjà dans une situation de déchéance de fait de mes droits civiques, donc me libérer de la nationalité française ne me ferait aucune différence sur ce point :

  • je ne peux ni voter ni faire valoir de mes autres droits civiques sans une violation inacceptable de mon intimité et de mon secret médical. C’était déjà le cas avant que j’aie rendu mes pièces d’identité au Centre Administratif,
  • j’ai dû demander d’être rayée des listes électorales afin de ne plus recevoir des documents à l’ancienne identité chez moi (cf. PJ 33)

Enfin, comme je l’ai indiqué également ci-dessus, l’attitude de certaines personnes détentrices de l’autorité publique – le JAF du TGI de XXX, le Procureur de XXX, la préfecture XXX – à persister à utiliser une civilité et des prénoms en contradiction complète avec mon apparence et mon identité constitue en soi une atteinte profonde et – compte tenu de ma sensibilité vive par rapport à ce sujet - assez brutale à mon intimité (cf. PJ 8 et 9).

Si j’ai compris le sens des arrêts du Conseil d’Etat et du TA de XXX, ainsi que la décision du Procureur de Nantes, entre autres, ils s’attendraient apparemment sérieusement que je supporte une telle situation en tant que ressortissante française : après tout, je leur avais exposé ces problèmes auxquels je dois faire face dans mes différentes conclusions et ils n’en ont tenu aucunement compte.

Malheureusement, je n’en suis pas capable et la situation à laquelle on me demande de faire face est trop difficile pour que je la supporte avec la sérénité dont j’ai besoin pour reconstruire ma vie.

Ma troisième motivation est donc mon inaptitude avérée et manifeste à la nationalité française, car je ne sais pas supporter ce qu’on demande des ressortissants de ce pays.

Conclusion

Une transition telle que j’ai vécue et vis toujours est déjà éprouvante en soi.

J’avais besoin de protection de l’état français pendant cette période et je ne l’ai pas reçue, en dépit de mes demandes répétées et de l’urgence et de la difficulté réelles de ma situation.

En rendant ma vie beaucoup plus difficile qu’elle ne l’était déjà et qu’elle n’aurait dû l’être, en compromettant notamment la poursuite en justice de mes droits parentaux ainsi que ma capacité de subvenir aux besoins de mes enfants, ma nationalité française a joué un rôle extrêmement préjudiciable tout le long de ma transition.

Enfin, avec cette expérience malheureuse, j’ai naturellement et progressivement perdu toute confiance en l’état français et en ses représentants officiels, malgré la volonté démontrée (mais finalement sans portée réelle) de quelques personnes dans l’Administration de m’aider (cf. PJ 23).

Dans ces circonstances je ne peux plus raisonnablement vouloir garder la nationalité française.

La libération rapide des liens d’allégeance à la France me paraît donc désormais comme un élément clé de la solution pour pouvoir exercer pleinement mes droits parentaux, pour pouvoir subvenir au mieux aux besoins de mes enfants, ainsi que pour enrayer une spirale de marginalisation progressive.

II. Motivation de la demande d’octroi corollaire et concomitant de plein droit d’un titre de séjour « Vie Privée et familiale »

L’ONC du TGI de XXX (cf. PJ 7 - sous l’ancienne identité) démontre mes obligations financières et autres par rapport à mes enfants, ainsi que la situation actuelle de garde des enfants et mon implication très importante dans leur vie depuis leur naissance. Les attestations, établies dans le cadre de mon divorce, de :

  • AAA (PJ 34),
  • BBB (PJ 35),
  • CCC (PJ 36),
  • DDD (PJ 37),
  • EEE (PJ 38)
  • FFF (PJ 39),
  • GGG (PJ 40),
  • HHH (PJ 41 - à l’ancienne identité),

ainsi que les convocations aux rendez-vous à la CMPP (PJ 42) montrent également mon implication très forte et en continue dans l’éducation et soins de mes enfants depuis leur naissance. Vous trouverez ci-joint également mon attestation de Sécurité Sociale montrant que mes enfants y figurent (cf. PJ 30) ainsi que la liste des parents qui accompagnent les enfants lors des sorties scolaires (cf. PJ 27 et 54).

C’est pour cette raison que j’estime pouvoir prévaloir de plein droit d’un titre de séjour « vie privée et familiale », au moins jusqu’à la majorité du dernier de mes enfants, ce après quoi je pourrais quitter définitivement le territoire français pour rejoindre le reste de ma famille (au pays étranger), avec les enfants s’ils le souhaitent.

Sinon, je demande par la présente l’autorisation de quitter le territoire français avec mes enfants pour partir définitivement aux (dans mon pays d’origine), ce que j’estime peu probable et pas forcément conforme à leurs intérêts à leur âge. Je suis néanmoins ouverte à cette solution. Mon conjoint et le TGI de XXX le seraient surement moins, par contre.

III. Autres points

Vous trouverez également ci-joint :

  • Mon passeport (étranger), qui est une preuve de nationalité (PJ 1)
  • Mon acte de naissance (étranger), qui en est une également (PJ 3),
  • Le jugement (étranger) de changement d’état civil (PJ 2),
  • Mon extrait de casier judiciaire (PJ 43),
  • Ma déclaration de nationalité (sous enveloppe scellée), inutilisable (PJ 4),
  • L’acte de naissance français, (sous enveloppe scellée), également inutilisable (PJ 5),

Vous ne trouverez bien évidemment pas de pièce d’identité française : comme j’ai expliqué ci-dessus, je n’en ai plus. Vous ne trouverez pas non plus le livret de famille, l’ayant rendu au Centre Administratif après le refus du Service Central de l’Etat Civil de modifier les informations me concernant qui y figurent, ce qui fait que je ne peux plus par conséquent l’utiliser (cf. PJ 47).

En vous remerciant d’instruire ma demande avec bienveillance et rapidité, car ma situation reste difficile et urgente, je vous prie d’agréer, Monsieur XXX, l’expression de ma considération respectueuse,

Christine Dupont

Pièces jointes :

  1. Passeport (étranger)
  2. Jugement (étranger) de changement d’état civil, avec traduction jurée
  3. Acte de naissance (étranger), avec traduction jurée
  4. Copie de la déclaration de nationalité (en enveloppe scellée) avec l’identité que je n’utilise jamais
  5. Copie de la transcription à l’état civil français de mon ancien acte de naissance (étranger) (en enveloppe scellée), inutilisable
  6. Echanges avec le Bureau de la Nationalité C4 du Ministère de la Justice concernant ma demande de bénéficier de la déchéance de la nationalité française
  7. Ordonnance de Non Conciliation du XXX, du TGI de XXX
  8. Mon parcours
  9. Attestation de YYY
  10. Attestation de l’hôpital YYY concernant mon opération
  11. Attestation de ZZZ et AAA concernant mon suivi
  12. Formulaire E112 de la Sécurité Sociale
  13. Attestation d’arrêt maladie de la Sécurité Sociale après mon opération
  14. Arrêt du Conseil d’Etat, Pourvoi YYYA
  15. Arrêt du Conseil d’Etat, Pourvoi YYYB
  16. Arrêt du Tribunal Administratif de XXX YYYC
  17. Arrêt du Tribunal Administratif de XXX YYYD, avec copie de ma requête
  18. Convocation et ordonnance suite à l’audience du 30 mars 20XX, au TGI de XXX avec plainte à la CNIL
  19. Echanges avec le Parquet Civil de Nantes en 20XX, y compris refus de transcrire mon jugement (étranger)
  20. Conclusions du Procureur de XXX concernant mon Exéquatur
  21. Lettre de Monsieur ZZZ du Service Central de l’Etat Civil datée du 20XX
  22. Lettre d’opposition de la part de la Préfecture XXX
  23. Lettre de Monsieur AAA du Ministère de la Justice, datée 20XX
  24. Circulaire CIV /07/10 du Ministère de la Justice 14 mai 2010
  25. Arrêt de la Cour de Cassation du 11 décembre 1992, pourvoi 91-12373
  26. Informations concernant l’arrêt non publié de la Cour d’Appel de Caen
  27. Liste des parents accompagnateurs pour les sorties d’école, classe de CMX de mon flis
  28. Echanges avec le GIP Info Retraite et avec Réunica concernant mes droits à la retraite
  29. Bulletin de salaire de la (société)
  30. Attestation de la Sécurité Sociale, avec numéro provisoire en « 8 »
  31. Attestation d’inscription au Pôle Emploi
  32. Mail de Maître ZZZ concernant l’impossibilité pour moi de constituer ma société sous une identité appropriée
  33. Lettre à Madame CCC, Directrice du Centre Administratif de XXX, demandant de me rayer des listes électorales ou de changer les informations me concernant sur ces listes, restée sans réponse
  34. Attestation de
  35. Attestation du
  36. Attestation de
  37. Attestation de
  38. Attestation de
  39. Attestation de
  40. Attestation de
  41. Attestation de
  42. Convocations aux rendez-vous de la CMPP pour enfant(s)
  43. Extrait de Casier Judiciaire
  44. XXX
  45. XXX
  46. XXX
  47. Lettre reçue du Service Central de l’Etat Civil refusant le changement de prénoms sur le livret de famille, avec lettre de réponse au Service Central de l’Etat civil, donnée finalement au Centre Administratif de XXX en mains propres, pour rendre le livret de famille, devenu inutilisable
  48. Copie du courriel de la Sous-Préfecture XXX du 20XX
  49. Lettre du Procureur du TGI de XXX
  50. Lettre au Conseil d’Etat datée du 20XX, avec pièce jointe
  51. Lettre (société téléphone mobiles) datée du 20XX confirmant le refus de vente faute de preuve que j’ai le droit de rester en France (titre de séjour ou Visa)
  52. Courriel daté du 20XX à Monsieur XX, Directeur Général de Société X
  53. Acte de Notoriété
  54. Liste des parents accompagnateurs pour les sorties d’école, classe de CEX
  55. Demande de rectification des informations me concernant au TGI de XXX avec refus par le juge
  56. Demande d’information à la Préfecture des XXX pour la Libération des liens d’allégeance
  57. Refus du Procureur de Nantes daté de novembre 20XX
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